Avant de prendre part au congrès électif de la Fifa vendredi à Zurich, Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA et candidat à la succession de Sepp Blatter, s'est confié à Jeune Afrique.
Qui pour succéder à Sepp Blatter ? Vendredi 26 février, les représentants des 209 associations membres de la Fédération internationale de football association (Fifa) éliront leur neuvième président.
Il y a quelques mois, Gianni Infantino ne rêvait même pas se présenter comme candidat. Aujourd’hui, le secrétaire général de l’Union des associations européennes de football (UEFA) croit à ses chances après s’être finalement décidé à briguer la présidence de la Fifa suite à la mise à l’écart de Michel Platini, l’ex-président de l’UEFA suspendu six ans en raison de l’une des affaires de malversation présumée qui entachent la gouvernance du football mondial.
Face à l’Italien, quatre autres candidats : le favori mais très controversé cheikh Salman Ben Ibrahim Al-Khalifa de Bahreïn, président de la Confédération asiatique (AFC), le Sud-Africain Tokyo Sexwale, le prince jordanien Ali Ben Al-Hussein et le Français Jérôme Champagne.
Jeune Afrique : Quels sont les atouts et forces qui vous distinguent de vos rivaux dans la course pour la présidence de la Fifa ?
Gianni Infantino : Je porte un programme fort et concret mais aussi une vision qui se concentre sur le football. Parce que je considère que la Fifa doit revenir aux bases du football.
Je propose aussi des actions concrètes pour développer et organiser le football mondial. C’est là toute la différence : il ne s’agit pas là que des promesses mais surtout des garanties de pouvoir les réaliser. Je parle avec l’expérience acquise de par mes fonctions antérieures.
Quels exemples pouvez-vous donner de ces « actions concrètes » que vous comptez réaliser ?
Je propose par exemple l’augmentation du nombre de membres qui doivent siéger au comité exécutif de la Fifa. L’Afrique passerait ainsi de quatre à sept membres.
Je propose aussi la Coupe du monde à 40, avec au moins deux équipes africaines supplémentaires.
Il faudra également réinvestir dans des programmes de développement du football : 5 millions d’euros par fédération nationale pour une période de quatre ans et, plus spécifiquement pour les fédérations qui en ont besoin, un million supplémentaire pour des billets et frais de voyage, lesquels constituent un problème majeur dans les Caraïbes, en Océanie et en Afrique.
Qu’attendez-vous du continent, alors que le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a déjà choisi d’appuyer Cheikh Salman Ben Ibrahim Al-Khalifa...
C’est la position du comité exécutif, ce n’est pas toute la CAF. J’entends les associations nationales. Ces quatre derniers mois, j’ai beaucoup voyagé pour aller voir sur place ce dont les fédérations ont besoin.
En Afrique, j’ai passé du temps avec plusieurs dirigeants du football, je les ai écoutés et leur ai montré ce que je comptais faire dans mon programme pour le développement du football sur le continent. Et les yeux dans les yeux, sans personne intermédiaire, ils m’ont dit qu’ils vont me soutenir.
Je suis donc confiant du soutien de l’Afrique. D’autant que j’ai un programme spécifique pour le continent. Je ne suis pas un homme politique, mais un homme d’actions. Ce qui est bénéfique pour l’Afrique. J’ai d’ailleurs commencé ma campagne en Égypte et je l’ai terminé en Afrique du Sud. Tout un symbole de mon engagement à rester à l’écoute de l’évolution du football en Afrique.
Au même moment, la Fifa traverse une crise sans précédent, sur fond de corruption...
C’est triste. Mais lorsqu’il y a une telle situation de crise, deux options se présentent : soit vous vous cachez et attendez que ça passe, soit vous décidez de faire quelque chose. Il faut donc retrousser ses manches, travailler pour restaurer l’image de la Fifa et redorer sa réputation. Nous devons nous focaliser de nouveau sur le football, en engageant bien entendu des réformes et en augmentant la démocratie au sein de cette instance.
Quid du cas Platini, le candidat naturel de l’UEFA auquel vous avez finalement suppléé ?
Je ne me considère pas comme le candidat de l’UEFA. Je suis le candidat du football. Certes, il y a quelques mois, je ne me voyais pas me porter candidat à la présidence de la Fifa. Les circonstances qui se sont produites m’ont conduit à prendre cette décision. C’est sans doute le destin. Dans tous les cas, face à une situation de crise, il faut se lever et faire ce qui est juste car la Fifa a besoin d’un vrai leadership. Je me suis présenté parce que je pense en avoir les compétences.
Quant au cas Platini, l’affaire est en cours. Michel se concentre sur sa défense. Je lui souhaite bonne chance face à la justice sportive.
Vous président de la Fifa, que comptez-vous faire des polémiques autour de l’attribution des Mondiaux à la Russie en 2018 et au Qatar 2022 ?
J’ai toujours été un homme pragmatique. Ces deux Mondiaux ont été attribués à ces deux pays il y a au moins six ans... six ans de spéculations également et de toutes sortes d’allégations sans rien de concret. Je pense qu’il faut aller de l’avant, se concentrer sur le futur et organiser la plus belle Coupe du monde de l’histoire en Russie en 2018, puis au Qatar en 2022.
Que répondez-vous à ceux qui soutiennent qu’un dirigeant de l’UEFA à la tête de la Fifa briserait davantage l’équilibre entre les confédérations, compte tenu de la force que représente déjà l’Europe ?
Cela améliorait au contraire cet équilibre. La clé, ce n’est pas de baisser l’Europe mais de faire monter le reste du monde dans le développement du football. D’ailleurs, bien avant de travailler à l’UEFA, j’ai assisté à mon premier tournoi en tant que spectateur en Afrique. C’était lors de la CAN 1998 au Burkina. J’étais invité par des amis africains avec qui je partage la même passion.
De la même manière, mon programme se préoccupe beaucoup plus des autres continents que de l’Europe. Je voudrais que le football soit développé dans le monde entier.
N’est-il donc pas le moment de donner la direction du football mondial aux pays du Sud ?
Je suis Italien, je suis du Sud aussi (rires). Mais si je suis élu président de la Fifa, le secrétaire général ne peut pas être européen. Alors que jusqu’à présent, ce poste a toujours été occupé par un Européen. Il faut également mettre des personnes non européennes dans des postes de direction à la Fifa. Ce qui fera la richesse de la Fifa dans le futur et c’est ce à quoi je m’engage.

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