Après quatre tentatives infructueuses, le royaume chérifien pourrait être candidat à l’organisation du Mondial 2026. Avec le soutien des instances internationales du ballon rond.

Il y a deux ans, le Maroc avait dû renoncer à organiser la CAN 2015 pour cause de virus Ebola, suscitant la réprobation d’une partie de la communauté internationale du ballon rond, Confédération africaine de football (CAF) en tête. Aujourd’hui, le royaume est perçu comme un candidat tout à fait présentable pour accueillir la Coupe du monde 2026, qui pourrait se disputer à quarante-huit.

« Le Maroc, s’il est candidat, aura non seulement le soutien des pays africains, mais aussi celui d’une bonne partie des Européens et des Asiatiques. C’est un pays qui a les capacités de présenter un dossier solide », déclare une source suisse proche de la Fifa. « Rien n’est officiel, mais nous avons la volonté d’accueillir ce tournoi, confirme Mustapha Azeroual, directeur au ministère de la Jeunesse et des Sports. Le Maroc est, sur le continent, le seul à pouvoir le faire, avec l’Afrique du Sud. La fédération et les pouvoirs publics travaillent sur le dossier. »

De nombreuses qualités

Gianni Infantino, président de la Fifa, devrait se rendre dans le royaume en janvier afin de discuter avec les autorités sportives du pays de cette probable candidature. Lui et Issa Hayatou, président de la CAF, ont assuré tous les deux, dans des termes similaires, que le royaume avait la capacité d’organiser un tel événement. « Le Maroc a tout ce qu’il faut pour abriter la Coupe du monde 2026 », a ainsi déclaré Hayatou le 21 novembre, reprenant presque mot pour mot ce que le Suisse avait dit huit jours plus tôt à Marrakech. « C’est tout à fait crédible. Le pays a déjà été candidat à quatre reprises (1994, 1998, 2006 et 2010), il dispose d’un vrai potentiel d’accueil et d’infrastructures de qualité », plaide Fathi Jamal, ancien entraîneur des Lions de l’Atlas et actuel membre de la direction technique nationale.

Pour pouvoir accueillir un Mondial, un pays doit proposer au moins douze stades aux normes internationales. Si aucune liste n’a encore été dressée, plusieurs enceintes répondent totalement ou partiellement à ces exigences (Agadir, Rabat, Marrakech, Casablanca, Tanger, Fès, Tétouan). « Ce qui avait été entrepris pour la candidature de 2010 a été poursuivi. Un nouveau grand stade à la sortie de Casablanca [à Tit Mellil] devrait être construit. D’autres pourraient faire l’objet de travaux visant à les mettre aux normes », précise Hamza El Hajoui, président du FUS Rabat, qui évoque Oujda, Kenitra ou Laayoune.

Une stabilité qui rassure

Le Maroc, qui a organisé la Coupe du monde des clubs en 2013 et en 2014, a accueilli en novembre la COP22, à Marrakech, sans le moindre accroc. « Le pays sait gérer les grands événements. Il dispose de plusieurs aéroports internationaux, de voies de circulation adaptées et d’innombrables hôtels. Et il est politiquement stable », ajoute Fathi Jamal. Le dossier est piloté par Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

« Une Coupe du monde coûte de l’argent, mais elle en rapporte beaucoup, et elle permet à un pays de moderniser ses infrastructures », rappelle El Hajoui. Les Marocains se sentent tout à fait capables d’organiser seuls l’événement, même si la Fifa autorise les candidatures communes. Le royaume, qui devra déposer sa candidature avant décembre 2018, n’envisage donc pas un ticket commun avec un pays de la région, qui aurait pu être la Tunisie.

Gigantisme et mercantilisme

Le Mondial 2026 pourrait être le premier à se disputer à 48 équipes, contre 32 actuellement. Gianni Infantino, président de la Fifa, avait songé dans un premier temps à l’organisation de barrages (sur un match) entre 32 équipes dont les vainqueurs auraient rejoint en phase de poules 16 autres pays directement qualifiés. Le 7 décembre, Infantino a évoqué une nouvelle hypothèse : les 48 sélections seraient réparties en 16 groupes de 3, ce qui assurerait au moins deux matchs à chacune d’elles, les deux premiers accédant aux seizièmes de finale. Un Mondial à 48 ne fait cependant pas l’unanimité, certains déplorant le gigantisme et les motivations purement économiques de la Fifa. La décision sera prise lors du conseil de l’instance, qui se tiendra les 9 et 10 janvier prochain à Zurich.

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