Hervé Renard, le sélectionneur des Lions de l’Atlas, a accepté d’évoquer ce choc pour Jeune Afrique, mais également de revenir sur le premier tour.
Jeune Afrique : Quand on parle du stade de Port-Gentil, on pense tout de suite à sa pelouse, en très mauvais état…
Hervé Renard : C’est vrai, mais nous n’avons pas d’autre choix que de nous adapter. Nous savions que cela risquait d’être le cas. Donc nous n’allons pas nous plaindre. C’est difficile pour les joueurs qui jouent en Europe et qui sont habitués aux belles pelouses, mais on est en Afrique. Et on s’adapte.
L’Égypte, votre adversaire, se singularise surtout par sa solidité, la marque Hector Cuper, mais elle a des atouts techniques. Peut-on parler d’une opposition de styles ?
On a tendance à ne voir l’Égypte que comme une formation très solide, rigoureuse et bien organisée défensivement. Mais elle aussi très bonne techniquement. Elle a fait de très belles choses sur des pelouses compliquées. Le Maroc aussi est bien organisé et j’ai des joueurs avec de grandes qualités techniques. Ce que je sais, c’est que cette rencontre sera compliquée, très disputée. Nos supporters vont arriver par charters, il y a une très grosse attente autour de ce quart de finale.

Votre système (3-4-3), vous avez mis un certain temps avant de l’utiliser. Et il donne l’impression de très convenir à votre équipe…
J’ai mis en effet plusieurs mois avant de le mettre en place. Il fallait que je connaisse parfaitement l’effectif. J’utilise ce système car j’ai les joueurs pour le faire. N’oubliez pas qu’avant la CAN, j’ai perdu des joueurs comme Boufal, Amrabat, Belhanda, Tannane… Il faut s’adapter, sans cesse.

Après votre défaite en préparation contre la Finlande (0-1), et surtout celle face à la RD Congo à Oyem (0-1), vous avez été très critiqué. Vos joueurs aussi. Ont-ils été secoués par ce qu’ils ont lu et entendu ?
Non. Une défaite en match de préparation, alors que les joueurs sont fatigués, ce n’est un drame. C’est vrai que certains en ont profité pour me tomber dessus. J’avais connu cela en Zambie en 2012, et un mois plus tard, nous étions champions d’Afrique. Il y a des gens dont c’est presque le métier que de critiquer, de dénigrer… Et la défaite face à la RDC est intervenue alors que nous avions fait un bon match. Donc mes joueurs n’ont pas été secoués par ces défaites et les critiques. Et moi encore moins : je ne lis pas la presse et je ne vais pas sur les réseaux sociaux, mais forcément, j’entends des choses, ou on me rapporte certains propos. C’est la première fois depuis que je travaille en Afrique que j’ai à subir des critiques aussi violentes. Mais ça me renforce, me motive. Et puis, je connais mes joueurs. Ils sont forts mentalement.

Ils l’ont prouvé en battant le Togo (3-1), alors que les Éperviers avaient rapidement ouvert le score. Si vos joueurs n’avaient pas très vite égalisé, la suite de la compétition aurait-elle pu être différente pour le Maroc ?
C’est possible. Mais ils sont sur réagir vite et bien. J’avais dit aux joueurs qu’un premier tour est toujours compliqué. Mon premier objectif, c’était d’atteindre les quarts de finale. Dans un groupe où figuraient le champion d’Afrique en titre et le troisième de l’édition 2015, ce n’était pas gagné d’avance. Mais je vois mon équipe monter en puissance. Grâce à ses qualités footballistiques, mais pas seulement. J’ai des joueurs qui sont forts mentalement, mais qui ont un excellent état d’esprit. Cela fait un mois que nous sommes ensemble. Certains ne jouent pas ou peu. Un garçon comme El-Arabi, qui compte au moins 40 sélections, ne joue pas beaucoup. Eh bien, il ne bronche pas, il bosse à l’entraînement. J’ai pris des joueurs avec qui je sais que je peux aller loin. J’ai fait mes choix en mon âme et conscience.

Aller loin, c’est aller au bout ?
Le Maroc n’est pas le favori de cette CAN. Pour moi, le favori, c’est le Sénégal (éliminé depuis par le Cameroun après les séances de penaltys). Mais on est là pour faire quelque chose, pour rester le plus longtemps possible au Gabon. On monte en puissance. On a éliminé la Côte d’Ivoire (1-0), grâce à un match sérieux, bien maîtrisé, où nous n’avons pas été souvent mis en danger. Plus le tournoi avance, plus je sens mon équipe progresser. En sachant que tout peut s’arrêter d’un coup…

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