Venu sur la pointe des pieds en sélection nationale, Munir El Mohamedi a, petit à petit, pris la place de gardien de but titulaire. Avec huit buts encaissés en 18 matchs avec le Maroc, Munir est devenu l’un des hommes forts de la sélection.

Dans cet entretien sans langue de bois, le keeper de Numancia s’exprime sur son écartement du club espagnol après la CAN et sur le sentiment particulier de représenter le Maroc, au sein d’un groupe soudé, sous la houlette d’Hervé Renard.
Le Matin: Vous rejoignez le rassemblement de l’équipe nationale, comment vous sentez-vous lorsque vous êtes convoqué chez les Lions de l’Atlas ?
Munir El Mohamedi : Très content, très fier. J’attends chaque fois ma convocation avec beaucoup d’enthousiasme. Nous avons deux matchs importants et nous ferons tout pour terminer cette saison de la meilleure manière qui soit.
Contre les Pays-Bas, vous allez retrouver le stade d’Agadir. Là même où vous avez entamé votre parcours international (contre l’Uruguay en mars 2015). Cela vous rappelle-t-il de bons souvenirs ?
Oui c’est vrai. À Agadir, j’ai débuté contre l’Uruguay. C’était l’un des jours les plus heureux de ma vie. À l’époque, Khalid Fouhami (alors entraineur des gardiens de but de la sélection) m’a contacté en premier. Il est venu me voir ici à Soria, puis M. Ezaki a décidé de faire appel à moi. Au fur et à mesure, j’ai commencé à gagner en confiance et depuis, j’ai fait beaucoup d’effort pour être au top niveau avec la sélection. J’espère que le public répondra présent lors du match face aux Pays-Bas, comme ce fut le cas il y a deux ans, où nous avons été encouragés du début à la fin de la rencontre. Nous essayons de faire le maximum pour que le peuple marocain soit fier de nous.
Vous ne regrettez pas de ne pas avoir rejoint la sélection à un âge plus précoce (Munir a été convoqué pour la première fois à 25 ans, ndlr) ?
Je n’aurais pas hésité un seul instant si l’occasion m’avait été donnée ! Mais je pense que je suis arrivé au bon moment, puisque par la suite tout s’est passé naturellement. Je me sens toujours très heureux d’avoir choisi le Maroc et je ne le regrette pour aucun motif. À chaque rencontre, je revois des amis et en rentrant en Espagne, c’est avec le même sentiment d’orgueil et de bonheur.
Parlez-nous un peu de votre situation particulière, étant originaire de Melilla.
C’est vrai que c’est très spécial pour moi. Je suis né à Melilla et quelques-uns de mes amis ne comprenaient pas mon choix de jouer pour le Maroc. Moi, je respecte les avis des uns et des autres, mais je ne regrette pas du tout d’avoir choisi les Lions de l’Atlas. Le fait d’entendre l’hymne national du Maroc représente une sensation unique. De plus, mon choix a rendu mes parents très fiers et ça, ça a une valeur immense.
Vous êtes l’un des joueurs qui ont vécu la transition de Badou Ezaki à Hervé Renard. Pourriez-vous nous dire concrètement ce que ce dernier a changé au sein du groupe ?
Renard est venu avec des idées nouvelles. Tactiquement, l’équipe a beaucoup changé avec des idées précises. Nous sommes avec lui à 100% et lui, il nous le rend bien aussi en nous encourageant. Nous formons aujourd’hui un groupe très homogène, malgré les différences qu’il peut y avoir.
Justement, comment ça se passe à l’intérieur du groupe, sachant qu’il y a des joueurs qui parlent flamand, d’autres le français, l’allemand, la darija, l’amazigh… ?
C’est vrai que ce n’est pas évident. Heureusement qu’il y a Mustapha Hadji qui parle la plupart de ces langues (Rires). On se voit peu de temps tout au long de l’année, mais je peux vous dire qu’il y a une grande cohésion et chacun est prêt à faire de son mieux pour communiquer avec les autres. C’est justement l’un des secrets de ce groupe, puisque personne ne se sent à l’écart.
Après les Pays-Bas, il y a un rendez-vous tout aussi important, face au Cameroun, champion d’Afrique (qualifié d’office pour la CAN 2019 en tant que pays hôte, ndlr). Qu’en pensez-vous ?
Je pense que ce sera un très bon match devant le Cameroun. Le plus important pour nous est la qualification pour la prochaine CAN, avec l’objectif de terminer premiers de notre groupe. Nous irons là-bas avec l’idée que la saison n’est pas encore terminée et que nous devons consolider notre état d’esprit et la dynamique qui s’est créée grâce à ce groupe de joueurs. Cela fait déjà plusieurs mois que l’on joue ensemble, que nous avons pris l’habitude de vivre ensemble. Le Cameroun est un adversaire puissant, champion d’Afrique et avec de très bons joueurs. Nous irons donc là-bas avec l’intention de montrer que nous sommes une excellente équipe et de gagner la confiance nécessaire pour aller chercher cette qualification au Mondial que tout le Maroc attend.
Après la CAN, le retour dans votre club n’a pas été très tendre. Comment avez-vous vécu cette période ?
Je ne vous cache pas qu’il y avait beaucoup d’amertume, parce que j’estime que nous méritions mieux. Mais il y a aussi ce sentiment de fierté de représenter mon pays pour la première fois dans une Coupe d’Afrique. Ensuite, au niveau professionnel, j’ai été écarté de Numancia par l’entraineur. Une décision que je respecte, mais que je ne comprends pas.
Que s’est-il passé ? Vous avez eu des désaccords avec l’entraineur ?
Je suis allé à la CAN pour représenter mon pays et je ne le regrette pas. Si c’était à refaire, je prendrais exactement la même décision. Malheureusement, le football a une mémoire très courte et au club, on a très vite oublié ce que j’ai donné. Mais le monde est ainsi et je suis quelqu’un qui prend toujours la vie du côté positif. J’ai accepté la décision de l’entraineur, malgré le fait de ne pas être d’accord, et j’ai continué à m’entrainer de la manière la plus normale. Ce qui m’a le plus touché, c’est qu’à aucun moment je n’ai senti qu’il y avait une possibilité pour que je joue. Je pense que la décision a été prise bien avant que je ne parte au Gabon avec la sélection.
Vous avez donc fait vos adieux à Numancia ?
Je suis quelqu’un de très franc. Avant d’aller au Maroc, j’ai rencontré les dirigeants et je leur ai fait part de ma décision. Ils m’ont promis de répondre dès que le club aura garanti son maintien. Je suis dans une période de ma carrière où j’ai besoin de jouer, pour continuer à progresser. J’espère que nous trouverons une solution le plus rapidement possible pour le bien de tout le monde.
Vous prenez la direction de la Liga dans ce cas ?
Le football permet de renverser les situations les plus difficiles. Le plus important c’est que je puisse retrouver la compétition pour reprendre confiance en moi-même. Nous avons un objectif qui est de se qualifier au Mondial et pour que je puisse y contribuer, je dois être compétitif. Le sélectionneur peut ainsi faire appel à moi sans avoir à se soucier de ma situation.

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