Très proche des joueurs, l’adjoint du sélectionneur Mustapha Hadji est la personne la plus qualifiée pour parler des sentiments des Lions de l’Atlas.

Dans cet entretien, l’ancien international revient sur la déception de la défaite au Cameroun, tout en exprimant le regret de voir Benatia loin de la défense de l’équipe nationale. Hadji évoque également les chances de qualification du Maroc en Coupe du monde et les espoirs placés en Younès Belhanda.
Le Matin : La FRMF a entamé des démarches pour faire changer de nationalité sportive à Munir El Haddadi, où en est ce dossier ?
Mustapha Hadji : Pour le moment, il faut attendre. C’est un dossier compliqué. Certes, il existe un article dans les statuts des joueurs de la FIFA qui lui permet de changer de nationalité sportive, mais est-il possible de le faire ou pas ? Le joueur est motivé, mais c’est compliqué. S’il veut venir, il lui faut un accord de la Fédération espagnole. Est-ce que cela ne va pas lui causer des problèmes, d'autant plus que le joueur retourne au FC Barcelone après une saison de prêt ? On ne sait pas comment ce retour va se passer. Est-ce que la FIFA va autoriser le dossier ou pas ? Il faut attendre.
Vous lui avez parlé, avez vous senti chez lui l’envie de rejoindre les Lions de l’Atlas ?
Je lui ai parlé depuis longtemps. Il a l’envie de venir. Il est motivé.
Que peut-il apporter à la sélection si son dossier aboutit ?
Ce qui nous manque aujourd’hui en équipe nationale, c’est l’efficacité. Il peut nous apporter cette efficacité devant. C’est un joueur qui nous manque. C’est un joueur efficace. Il prend de la profondeur et c’est un buteur. On l’a vu avec le Barça et avec Valence. Quand il a une occasion, il est capable de la mettre dedans. Aujourd’hui, on a cette difficulté à concrétiser nos occasions, peut-être que ce joueur peut nous résoudre le problème. C’est un joueur très technique qui va de l’avant, capable d’embêter les défenses adverses, qui sont athlétiques, mais lentes. Avec sa vivacité, sa technique et son endurance, il peut les embêter. En plus, c’est un jeune joueur qui n’a que 21 ans, c'est donc un joueur d'avenir.
Qu’est-ce qui avait manqué au Onze national face au Cameroun (défaite 1-0) le 10 juin dernier ?
Un peu d’énergie. En première mi-temps, on a eu trop de difficulté parce que c’est le Ramadan. Vous savez, quand vous faites le Ramadan pendant 15 jours, vous n’allez pas retrouver vos forces comme ça tout de suite, même si le jour du match vous avez rompu le jeûne. Sportivement et humainement, c’est impossible. On n’a pas joué à armes égales. Pendant 15 jours, ils ont pu travailler et récupérer. Nous, on ne pouvait pas travailler dans les mêmes conditions. Pourtant, on les a mis en difficulté en seconde mi-temps. On a marqué un but qui n’était pas hors jeu. Ce qui nous a manqué, c’est cette énergie qu’on n’a pas en nous pour faire le pressing. On l’a fait un peu en deuxième mi-temps, parce qu’ils étaient un peu fatigués. C’est une équipe qui ne nous pas posé trop de difficultés sur l’ensemble du match. Je suis sûr qu’en dehors du mois du Ramadan, c’est une équipe à notre portée.
On a tout de même vu des flottements en défense. Ça ne sentait pas la sérénité ?
On a eu des difficultés parce que Manuel Da Costa était blessé. C’est dommage parce qu’il est le patron de la défense. Il fait du bien au niveau athlétique. C’est le joueur qui nous a manqué dans l’axe contre le Cameroun. Le retour de Da Costa, de Fouad Chafik et de Hamza Mendyl va nous permettre de travailler sereinement.
Existe-t-il une tentative pour faire sortir Mehdi Benatia de sa retraite internationale ?
Je ne sais pas. C’est à lui de voir ce qui est le mieux pour lui. C’est difficile pour moi de me prononcer sur ce sujet-là. C’est dommage qu’il ait pris cette décision aussi rapidement, parce que c’est un joueur qui avait la confiance du coach. Avec lui, l’équipe nationale a cette solidité derrière. L’équipe comptait sur lui comme leader. On aurait aimé qu’il mette encore son talent et son expérience au service de l’équipe nationale. On a la possibilité aujourd’hui de se qualifier en Coupe du monde, on a vraiment besoin de ses services.
Younès Belhanda fait l'objet de critiques et a même été parfois hué par le public. Comment trouvez-vous son rendement en sélection par rapport à celui qu’il a en club ?
Bien sûr qu’on attend plus de Younès. Je pense que le garçon doit se libérer une fois pour toutes. Il est souvent présent dans le travail défensif, mais tout le monde attend de lui de faire la différence, comme il peut le faire en club. C’est vrai que ça fait un petit moment qu’il joue en équipe nationale et qu’on attend plus de lui. C’est un joueur talentueux. Le coach lui fait confiance. À l’entraînement, c’est l’un des plus performants. Il faut qu’il arrive à se libérer pendant les matchs.
Peut-on dire que son problème est plutôt psychologique ?
Oui, je pense que c’est un problème dans la tête. J’espère qu’avec le temps il va se libérer et nous apporter quelque chose de plus parce qu’il a les capacités et le talent pour le faire. On lui parle souvent, c’est un garçon très aimable. C’est vrai qu’il est encore crispé dans le jeu. Il a peur de mal faire parce qu’il a traversé des moments très difficiles en sélection. On l’a souvent hué et quand vous jouez dans ces conditions et que vous appréhendez les réactions du public, c’est difficile parce que vous avez peur de faire une mauvaise passe. On a l’impression qu’il joue à une demi-touche de balle, alors qu’il peut garder le ballon pour faire la différence.
L’équipe de Côte d’Ivoire ne dégage plus la même sérénité qu’avant. Est-ce vraiment une bonne opportunité pour le Maroc, même s’il accuse deux points de retard sur les Éléphants lors des éliminatoires de la Coupe du monde ?
Tout est possible. Personnellement, je suis très optimiste. On a une grande chance de se qualifier en Coupe du monde, Russie 2018. J’ai confiance dans les joueurs. On a tous les atouts pour se qualifier. Si on fait deux bons résultats contre le Mali, tout sera relancé. La Côte d’Ivoire traverse effectivement un moment difficile, mais on ne regarde pas l’adversaire, mais plutôt le match. S’il faut aller chercher la victoire et la qualification en Côte d’Ivoire, on est capable de le faire. J’ai confiance dans les joueurs, qui dégagent une solidarité et une envie énormes.
Avez-vous approché Kevin Malcuit pour le faire venir en sélection ?
Ce dossier est un peu différent. Les joueurs d’origine marocaine qui souhaitent venir en sélection nationale sont les bienvenus. Mais il semblerait que Malcuit attend quelque chose en équipe de France. Je ne peux que lui souhaiter bonne chance.

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