Depuis le début du mercato, le championnat turc a soufflé quelques joueurs de renom au nez et à la barbe du PSG, de Nice et de l'OM. Faut-il s'inquiéter du phénomène ? La puissance des finances turques menacent-elles l'attractivité du championnat de France ?

C'est une épine dans le pied des grands clubs de Ligue 1 depuis le début du mercato. Marseille souhaitait conserver Bafétimbi Gomis au terme de son prêt et lui a proposé un salaire confortable. Le PSG, lui, visait Pepe pour muscler sa défense centrale. Mais les deux hommes ont préféré la Turquie. Galatasaray pour le premier, Besiktas pour le second. Ils ne sont pas les seuls. Jérémy Ménez (Antalyaspor), Nabil Dirar (Fenerbahce), Mathieu Valbuena (Fenerbahce) et Younès Belhanda (Galatasaray), lui aussi désiré par l'OM, ont eux aussi mis les voiles. Direction, les bords du Bosphore, nouvelle destination à la mode pour les trentenaires de L1. Pourquoi cet exil massif et soudain ?
La première raison est évidente, l'argent. La Turquie bénéficie de conditions fiscales qui séduisent les pensionnaires du championnat de France. Pour le même salaire brut en L1 et en Turquie, la part d'impôt est quasiment nulle à Istanbul quand elle frôle les 50% pour les plus hauts salaires dans l'Hexagone. A Galatasaray, Gomis touchera 3,35 millions d'euros nets par an. Une proposition sur laquelle n'a pas pu s'aligner l'OM.
Le trentenaire, cible idéale et rapidement séduite
Il faut dire que les clubs turcs en général et stambouliotes en particulier sont beaucoup moins réticents à offrir des conditions royales à des trentenaires. Ainsi, Pepe touchera 4,5 millions d'euros par an. Il est désormais lié avec le club stambouliote pour deux ans plus une année en option alors que Paris ne lui proposait qu'un bail d'un an. "Les dirigeants des clubs turcs n'ont pas la connaissance pour attirer des jeunes", nous renseigne Yusuf Kenan Calik, journaliste à la TRT, une chaîne turque. "Passé 30 ans, la Turquie offre un challenge intéressant et de bons contrats." Pepe aurait joué les seconds couteaux à Paris quand il apparait comme la nouvelle star du onze de Besiktas. L’engouement finit d’en convaincre certains. Arrivés en Turquie, ceux qui peuvent apparaître comme des has been dans les grands clubs sont accueillis comme des Ballons d’Or sitôt le pied posé sur le tarmac de l’aéroport Ataturk.
La Ligue 1 pense à la revente et à l'éventuelle plus-value lorsqu'un de ses clubs engage une forte somme d'argent sur un joueur. En Turquie, la logique s'inscrit davantage sur du court terme. "Les présidents du club se fichent bien du retour sur investissement", continue Yusuf Kenan Calik. "Ils ont besoin de signer des noms pour contenter les fans." L'immense Gheorge Hagi avait montré la voie en 1996. Deux ans après une sublime Coupe du monde, il signe à Galatasaray à 31 ans. Une expérience couronnée par une victoire en Coupe de l'UEFA 2000.
L’important, c’est le bling-bling
Depuis, les principales cibles des grands clubs turcs épousent le même portrait-robot. De Popescu à Anelka, de Sneijder à Van Persie. Gomis, Valbuena, Pepe viennent nourrir le contingent. Sur ces cibles, les clubs mettent le paquet avec une vraie course à l'armement : "Quand Galatasaray fait un gros coup, le Besiktas et Fenerbahce sont dans l'obligation de répliquer", constate Yusuf Kenan Calik.
Galatasaray a déjà essayé d'investir sur des jeunes. Contre un chèque de 12 millions d'euros, Wilfried Bruma débarque en 2013 à la frontière de l'Europe et de l'Asie avec une réputation de futur crack entretenue à la pouponnière à stars : le Sporting. Il ne perce jamais vraiment. L'expérience n'est pas ratée mais pas réussie non plus. Et Galatasaray est vite revenu à sa stratégie habituelle.
"Pour garder leur siège, il est plus facile pour les présidents de dépenser beaucoup d'argent sur une star que tout le monde connaît", conclut Yusuf Kenan Calik. "Les supporters se foutent des comptes." Comprendre, l'important, c'est le bling-bling. Quitte à mettre tous les moyens possibles pour y arriver.

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