À bientôt 38 ans, Youssouf Hadji vient de signer le premier hat-trick de sa carrière. Le voilà en tête du classement des goleadors de L2. Le second meilleur buteur de l’histoire de l’ASNL répond ainsi de la plus belle des manières à tous ceux qui voulaient l’envoyer en retraite cet été.

Et de 3 qui font 82 ! Avec son triplé contre Châteauroux vendredi soir, Youssouf Hadji a porté son total à 82 réalisations sous le maillot au chardon en championnat. Il est plus jamais le second meilleur buteur de toute l’histoire de l’ASNL, devant Olivier Rouyer (73 buts) mais derrière Michel Platini (98 buts).
Son compteur personnel la saison dernière en L1 était resté bloqué à 0. Pas le moindre ballon envoyé au fond des filets en championnat, juste un but en 32e de finale de Coupe de France à Besançon. Il n’en fallait pas plus pour qu’une partie des supporters nancéiens, parfois avec des mots méchants et blessants, s’insurgent contre la prolongation de son contrat d’une saison au cours de l’été. Pas facile à vivre pour Youssouf Hadji. Ses proches sont peut-être ceux qui en ont le plus souffert. Mais Hadji, par pudeur, n’en a jamais parlé, il n’a jamais cherché non plus à polémiquer sur la scène médiatique. À tous ceux qui le disaient cramé physiquement, à tous ceux qui se moquaient de lui en allant jusqu’à lui proposer un déambulateur pour jouer, l’attaquant de bientôt 38 ans (le 25 février) a préféré répondre sur les terrains de L2 en ce début de saison : 6 titularisations en 10 journées, 7 buts ! Ce n’est pas un attaquant fini que l’on est allé interviewer après Nancy-Châteauroux, c’est le co-meilleur buteur du championnat…
- Youssouf, est-ce bien le premier triplé de votre carrière en championnat ?
Oui, j’avais jusque-là souvent mis des doublés mais jamais de triplés. J’ai attendu ce triplé presque 40 ans (amusé) ! Plus sérieusement, je me souviens d’avoir marqué une fois trois buts avec la sélection du Maroc. C’était lors d’un match amical en 2012 face aux Grasshoppers Zurich je crois, j’étais entré en jeu, j’avais réussi ce triplé et on avait gagné 3-0.
- On imagine que ce hat-trick contre Châteauroux a une saveur particulière pour vous, après tout ce que vous avez pu entendre cet été au sujet de votre prolongation d’un an…
Un peu, forcément. Mais j’ai l’habitude, ce n’est pas la première fois que je vis ça à Nancy. Ce qui m’a fait mal, c’est que certaines limites ont été dépassées parfois. Les critiques font partie du jeu, pas les insultes. Heureusement, ce n’est qu’une minorité de personnes et c’est souvent cette minorité que l’on entend. Pendant toute cette période, quand je me promenais en famille, j’ai aussi rencontré plein de supporters derrière moi, là pour m’encourager. Disons que c’est le foot, c’est comme ça. Je suis blindé depuis mes années en sélection du Maroc. Là-bas, la pression et la réaction des supporters sont multipliées par mille.
- Quel est encore votre moteur, après une aussi grande carrière derrière vous ?
Ce n’est pas l’argent. Que les choses soient claires par rapport à ça. C’est l’amour du foot tout simplement, le plaisir de se lever chaque matin pour aller à l’entraînement en Forêt de Haye avec mes coéquipiers. Tant que les jambes suivent, je veux en profiter. Footballeur pro, c’est un métier extraordinaire, j’en ai conscience. Le jour où j’arrêterai, je ne pourrai plus revenir en arrière. J’adore tellement ce que je fais, je veux bien prendre le risque d’entendre des sifflets si je ne suis pas bon.
- Comment expliquez-vous votre excellent début de championnat après une dernière saison à 0 but en L1 ?
Il y a déjà un vrai écart de niveau entre la L1 et la L2. Mais l’année dernière, je suis encore parvenu à me créer beaucoup d’occasions, il me manquait surtout la réussite et la confiance. Je n’étais pas dans une dynamique positive. Cette saison, j’ai fait une très bonne préparation, je me suis tout de suite bien senti. Je me suis également servi de la saison dernière comme d’une source de motivation supplémentaire. Je ne voulais pas terminer comme ça. J’ai envie de finir sur une bonne note. Mon fils de 8 ans adore le foot, il joue d’ailleurs à l’ASNL. Il a l’âge de se faire des souvenirs. Le petit voit son papa marquer des buts en vrai. C’est mieux qu’en DVD !
- Vous avez déjà frappé sept fois en championnat cette saison…
Avant le début de saison, si on me l’avait proposé, j’aurais peut-être déjà signé pour 7 buts sur l’ensemble du championnat, sachant que je n’allais pas jouer tous les matches… Mais ce n’est pas une raison pour s’arrêter en si bon chemin. Je vais essayer de marquer le plus possible et surtout d’aider l’équipe dès qu’elle en aura besoin. Je sais que les jeunes m’écoutent beaucoup, j’ai un rôle à jouer auprès des Dembélé, Nordin, Eler, Bassi…
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Quelles sont les réelles ambitions de l’ASNL dans cette Ligue 2 ?
On part de loin après le début de saison manqué mais, dans ce championnat homogène, tout est possible. Une montée, c’est faisable mais ça nous ferait plus de mal que de bien d’en parler. L’équipe est en progrès mais ça reste fragile.
{estrepublicain}

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