Transféré cet été à Southampton, Sofiane Boufal va devoir confirmer sa dernière saison à Lille pour s’imposer en Premier League. Malgré une préparation tronquée par une blessure, Boufal a déjà laissé entrevoir quelques promesses. Un contrôle porte-manteau à l’entrée de la surface, un dribble extérieur et une frappe de balle enroulée dans la lucarne. Ça y est : les supporters de Southampton ont fait connaissance avec Sofiane Boufal.

Pour sa première titularisation au St Mary’s Stadium, l’international marocain a inscrit l’unique but de la rencontre contre Sunderland, en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue, le 26 octobre. L’événement a lancé la saison de l’Angevin, qui semble prêt à franchir un nouveau palier en Angleterre. “Il peut s’imposer n’importe où”, promet Frédéric Antonetti, son ancien entraîneur à Lille.
Débarqué pour cinq ans en fin de mercato contre 18,7 millions d’euros, Sofiane Boufal, 23 ans, est devenu le joueur le plus cher de l’histoire de Southampton. Il est surtout arrivé convalescent. Touché au ménisque du genou droit le 30 avril à Lorient, il a dû se faire opérer et a vu sa préparation estivale tronquée. “Ce n’est pas commun de mettre autant d’argent sur un joueur blessé, rappelle Olivier Pickeu, directeur sportif du SCO d’Angers, où Boufal a effectué toute sa formation. A moins d’être fous ou aveugles, ils ont dû réfléchir et se dire qu’il en valait la peine.” Cela a retardé un transfert provisionné par le Losc car indispensable pour ses finances. Les grands clubs évoqués (Manchester United, Arsenal, Chelsea...) se sont faits attendre et Michel Seydoux, le président lillois, a dû se résoudre à céder sa pépite le 29 août, à un tarif moins élevé que celui espéré.
Fort d’une saison 2015-16 accomplie, ponctuée de onze buts et cinq passes décisives en Ligue 1, Boufal va devoir confirmer dans le Championnat le plus riche du monde. “Il faut lui laisser un peu de temps mais c’est un joueur qui, par des actions individuelles, un éclair, peut faire basculer un match”, décrit Antonetti. “C’est un joueur rare, loue Pickeu. Il ne faut pas forcément mesurer deux mètres pour s’imposer en Angleterre. Il va trouver les solutions. Comme en France, il faut être prêt athlétiquement. La principale différence est le temps de jeu qui va lui être donné. Il y a une concurrence exacerbée.”
Le point de chute n’est pas aussi prestigieux que prévu. Mais “ce n’est peut-être qu’une étape”, suppute l’ex entraîneur du Losc. “Il a tout pour réussir s’il s’en donne les moyens”, enchaîne Antonetti. Dans le sud de l’Angleterre, le Marocain va rencontrer une concurrence moins forte que dans les grosses écuries de Premier League. D’autant plus que Southampton a perdu plusieurs cadres cet été après les départs de Graziano Pellè, de Victor Wanyama et surtout de Sadio Mané. “Southampton représente une vraie progression, insiste Pickeu. Il ne faut pas oublier qu’il n’a que vingt-trois ans et qu’il est arrivé sur le tard. Il y a un an et demi, il évoluait encore en Ligue 2.”
L’ancien Lillois a encore une forte marge de progression. “On a beaucoup parlé avec le coach Antonetti, expliquait-il fin avril en conférence de presse. On a utilisé la vidéo, on a analysé mes matches. Je suis meilleur dans le jeu sans ballon. Je fais plus d'appels en profondeur. Je n'attends pas systématiquement le ballon dans les pieds. J'ai aussi progressé au niveau défensif. Je fais plus d’efforts. Je n'oublie pas le travail effectué avec René Girard (janvier à juin 2015) et Hervé Renard (devenu son sélectionneur avec le Maroc).”
A Southampton, il a l’avantage de retrouver un entraîneur français. Claude Puel a rejoint le club anglais cet été après le départ de Ronald Koeman à Everton. L’ancien entraîneur de Nice (2012-2016) assurait dans L’Équipe fin octobre qu’il avait “un peu poussé” pour la venue de l’Angevin. “Il nous manquait un dribbleur pour débloquer certaines situations”, s’était-il justifié. “La présence de Puel est un argument en plus, confirme Antonetti. Il a prouvé qu’il savait y faire dans le développement des jeunes. Sofiane doit encore s’améliorer, notamment dans sa relation avec ses coéquipiers. Il faut qu’il mette son talent au service des autres.” Le Corse n'hésitait pas à le sortir ou le laisser sur le banc pour le bousculer. “Je me remets souvent en question mais quand je suis sur le banc, je suis dégoûté et je veux directement prouver que ma place est sur le terrain”, expliquait alors le joueur.
“Il faut rester patient avec lui”
Le discours n’est pas feint chez celui qui s’est obstiné à devenir professionnel quand sa petite taille et son physique maigrelet semblaient lui dicter le contraire. Depuis tout petit, ses passions n’ont pas changé : regarder du foot, encore et toujours. Boufal est un casanier, resté très proche de sa mère, avec qui il s’était installé à Lille. “Je veux continuer à progresser et cela passe par du temps de jeu, notait-il en référence au choix de son futur club. Je n’ai pas envie de me brûler les ailes. Je ne vois pas trop haut.” “Pour sa progression, Puel est vraiment le coach idéal, assure le directeur sportif du SCO. Les joueurs créatifs comme Sofiane ont besoin d’affection autour d’eux. Ils doivent se sentir dans une situation de confiance, de confort.”
Pour l’instant, Puel ne l’expose pas. Boufal ne compte qu’une titularisation et trois entrées en Premier League, une apparition en Ligue Europa et une en Coupe. “Cette blessure a été le premier vrai coup dur de sa carrière pro, explique Pickeu. Ça va le forger physiquement et mentalement. Ce sont toujours des étapes difficiles. Vous vous retrouvez seul, à devoir retravailler. C’est un mal pour un bien. On en sort plus fort.” “Il faut rester patient avec lui parce qu’il est jeune et ne peut pas encore démontrer tout son talent (par rapport à son retour de blessure), expliquait le technicien après la victoire contre Sunderland. Il aura l’opportunité de jouer dans le futur. Je ne suis pas surpris par le but qu’il a mis parce qu’il a les qualités techniques pour faire ce genre de choses, mais c’est fantastique pour lui et pour l’équipe. C’est important qu’il reste en bonne forme.”
La période internationale lui a permis d’accumuler encore un peu de temps. Il a disputé quatre-vingt-six minutes contre la Côte d’Ivoire (0-0) samedi 12 novembre. Lui qui avait reconnu, après sa titularisation contre Sunderland, “ne pas avoir quatre-vingt-dix minutes dans les jambes”, recouvre peu à peu toutes ses capacités, près d’un mois après son retour à la compétition. Il doit encore assimiler le rythme élevé et les spécificités du football anglais. “Je l’ai même vu tacler contre Liverpool (0-0), s’amuse Pickeu. Mais je ne pense pas que Puel l’ait pris pour cela.” Boufal pourra alors reprendre le fil de sa progression, à peine interrompue par cette absence de cinq mois. Bientôt la Premier League pourra se délecter de sa virtuosité que la Ligue 1 n’aura eu le temps d’admirer que dix-huit mois. (TF1)

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