14 supporters condamnés pour outrage au drapeau national

14 supporters avaient été arrêtés après avoir brandi des drapeaux espagnols et crié des slogans comme «Viva Espana»

lors d’un match de leur équipe, le Moghreb de Tétouan, pour protester contre la mort de Hayat, une étudiante originaire de leur ville, tuée par des tirs de la marine marocaine sur un bateau qui tentait de gagner clandestinement l’Espagne.
L’avocat va faire appel
Les 14 jeunes âgés de 18 à 23 ans ont été condamnés à des peines de un à dix mois de prison pour «outrage au drapeau national», «manifestation non autorisée» et «destruction de biens publics et privés», selon le jugement transmis à l’AFP par leur avocat, Maître Jabir Baba. Ce dernier a indiqué qu’il entendait faire appel. Cinq mineurs, également poursuivis dans cette même affaire, seront entendus vendredi par un juge pour mineurs.
A l’appel d’un groupe d’ultras du Moghreb de Tétouan, le club de football local, des dizaines de jeunes avaient également manifesté sur le chemin du stade, causant quelques dégradations mineures en ville. La mort de Hayat, étudiante en droit issue d’un milieu très modeste à Tétouan, avait suscité une vive émotion et des réactions d’indignation dans le royaume.
Déjà des précédents
Un Marocain de 32 ans, interpellé début octobre après ce match, a déjà été condamné à la mi-octobre à deux ans de prison ferme pour «outrage au drapeau national», «propagation de la haine» et «appel à l’insurrection civile», selon son avocat. Il avait notamment posté sur sa page Facebook un appel à manifester.
Par ailleurs, quatre autres supporters marocains, accusés d’avoir brandi le drapeau espagnol lors d’un match de football début octobre à Agadir ont finalement été disculpés lundi.
Ces dernières semaines, les stades du royaume sont de plus en plus utilisés comme des espaces de protestation. Une vidéo mise en ligne fin septembre sur Youtube montrait ainsi des milliers de supporters du Raja Casablanca chanter leur désenchantement et fustiger ceux qui ont «volé les richesses du pays».